Le cercle de sang
Jérôme Delafosse
Editions Robert Laffont (version
française), 2007
Editions Sonzogno
(version italienne), 2007
Giuseppina La Ciura
Traduction : Anaïs Bokobza
Hammerferst, Norvège. Un homme sans histoire ni identité se
réveille dans une chambre d'hôpital aseptique. Il est
appelé Nathan Falh. La médecin qui s'occupe de lui évoque
une amnésie provoquée par un événement
traumatique : une immersion dans les eaux glacées de l'Arctique,
qui s'est terminée en tragédie. Quand Nathan retrouve
un peu de force, en proie à une angoisse profonde, il s'enfuit
en voiture, puis en avion, vers Paris, sa ville. Il découvre
ainsi qu'en son absence son appartement de la rue Campagne-Première,
dans le 14 ème arrondissement, a été vidé :
une preuve ultime et terrifiante du fait qu'il est traqué par
d'implacables ennemis inconnus. Mais ensuite, une lueur d'espoir
: dans la mémoire d'un fax, il réussit à découvrir
un petit, grand indice. L'adresse d'un Anglais, un certain Ashley
Woods, qui travaille à la Bibliothèque Malatestiana
de Cesena.
Celui-ci est en train de reconstruire
un mystérieux manuscrit
rédigé au XVIIème siècle à Saint-Malo, "Le
manuscrit d'Elias"… Ainsi, Nathan part pour Cesena, puis revient à Paris,
où une belle jeune fille juive qui travaillait dans une ONG
au Rwanda à l'époque du génocide des tutsis
affirme l'avoir rencontré dans un camp de réfugiés à Katale… A
la recherche de lui-même, de son propre passé, et pris
dans une course contre le temps et des ennemis aguerris et fanatiques,
Nathan voyage d'Anvers aux îles arctiques de Spitzbergen, du
Rwanda au Soudan… Un roman au rythme frénétique, pressant,
où se succèdent les coups de théâtre,
tenant le lecteur en haleine mais qui, contrairement à d'autres
oeuvres du genre, ne perd jamais sa cohérence interne. Une
trame qui, au premier abord, peut sembler invraisemblable tant s'emmêlent
les intrigues obscures, les expériences parascientifiques,
les soifs sanguinaires, mais qui ne l'est pas si l'on considère
avec objectivité la société dans laquelle nous
sommes obligés de vivre. A propos de cette première œuvre
de Delafosse, les critiques français ont évoqué les
habituels Dan Brown et Jean-Christophe Grangé. Je pense que
c'est une lecture réductrice. L'auteur semble, plus clairement
que d'autres, sous l'influence plus ou moins consciente de la grande
tradition du roman populaire français – Lermina, De la Hire
, Leblanc, le Verne de "Michel Stroghoff", Dumas père
lui-même – tandis que les pages splendides se déroulant
au cœur de l'Afrique noire et dans le désert du Soudan ont
le charme antique des romans inoubliables de Rider Haggard. Et si
l'on ajoute à cela, pour la version italienne, la traduction
exemplaire de Giovanni Zucca, pour le lecteur les jeux sont faits
!