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Le
train de l'humour
"Patagonia
chu chu"
Raúl
Argemí
Algaida
editores • 2005
Àlex
Martín Escribà
Traduction
: Sébastien Rutés
Après des succès aussi remarqués que Los
muertos siempre pierden los zapatos (Les morts
perdent toujours leurs chaussures) et Penúltimo
nombre de guerra (Avant-dernier nom de guerre), Raúl Argemí revient
avec un nouveau et fascinant travail. Il s’agit de Patagonia
Chu Chu,
un roman qui nous fait voyager en train à travers quatre cent kilomètres
de la Patagonie la plus profonde. Toute l’action se déroule
dans un vieux train à vapeur de trois wagons et un fourgon, un moyen
de transport qui ne dépasse pas les cinquante kilomètres à l’heure.
Les personnages de Raúl Argemí y embarquent : un marin échoué qui
se croit descendant du bandit Butch Cassidy et un machiniste au chômage
un peu rêveur. Les deux prétendent libérer Beto, frère
du premier, que l’on transfère de prison dans le train. A partir
de cette trame initiale, les protagonistes se verront impliqués dans
la découverte d’un magot inespéré et entreront
en relation avec des personnages de toutes sortes : un sénateur têtu,
qui n’est pas sans rappeler l’ex-président Carlos Ménem,
une femme sur le point d’accoucher, un inspecteur extravagant, des
machinistes excentriques et une série de touristes, parmi lesquels
de belles femmes de diverses nationalités.
Patagonia
Chu Chu est de ces romans qui constituent un voyage sans retour
dans un pays dépourvu de tout et où seule la nostalgie soulage
la mémoire. C’est un roman difficile à cataloguer, qui
a recours à des éléments du roman d’aventure,
avec ses personnages et ses dialogues vibrants d’agilité, d’ironie
et d’humour, combinés à l’ambiance de la réalité d’un
pays en toile de fond. Le tout teinté de cette fatalité du
destin et de cette brutalité de l’existence qui sont la marque
du roman noir.
Une fois de plus, la tentative de l’auteur d’incarner dans ses œuvres
la réalité argentine fait de Patagonia Chu Chu un roman dévastateur,
plein de sens, et au final aussi inattendu que surprenant.
En définitive, un roman largement primé et reconnu qui confirme
une fois de plus l’installation de Raúl Argemí dans le
panorama du roman contemporain de fiction, et dans le genre noir en particulier.
