Le
côté policier, le caractère fouillé des
personnages et la reconstitution de faits réels sont quelques
uns des traits les plus caractéristiques d’un récit
qui nous laisse pantois dès la première page. Nous
pouvons trouver tout cela dans L’homme
de Montserrat, roman d’un auteur guatémaltèque Dante
Liano, un écrivain pluridisciplinaire qui a su gagner sa notoriété grâce à un
répertoire très hétérogène, tout au
long de son parcours littéraire.
A cette occasion, l’auteur décide de s’aventurer sur un
terrain guerrier en racontant les faits historiques -entre les années
soixante et quatre vingt- des guérillas intérieures nicaraguayennes.
Tout cela est mis en valeur par une intrigue angoissante et resserrée
qui, malgré sa longueur réduite, environ une centaine de pages,
nous coupe le souffle à mesure qu’arrivent les évènements
finaux.
Pour dénoncer cette situation, Liano décide de nous raconter
l’histoire du lieutenant Carlos Garcia, un bureaucrate chargé d’élaborer
des programmes informatiques pour combattre la guérilla nicaraguayenne.
Sa vie s’engluera dans les pièges et la méfiance le jour
où il rencontrera un cadavre sur la colline de Montserrat. A partir
de là, le personnage croit reconnaître la victime et attend qu’elle
soit annoncée pour dévoiler son identité. Cette mort n’est
annoncée par aucun organe officiel, ce qui fait qu’il commencera à enquêter
pour trouver la cause de cette occultation. Tout cela l’amènera à affronter
les hautes sphères du pouvoir, les menaces des patrouilles civiles,
les fusillades urbaines et à se préserver d’une société corrompue
de toute part.
A mesure que les évènements se succèdent, on s’aperçoit
que l’auteur nous amène toujours plus vers une situation difficile
dans laquelle sa famille elle-même ne sera pas à l’abri
d’inculpations, persécutions et tentatives d’assassinats
de la part de dirigeants hauts placés. Pour cette raison, le héros
devra se livrer à une course contre la montre dans un roman déconseillé aux
cardiaques.
Tous ces évènements sont caractérisés par un style
direct au cours duquel l’action de faiblit jamais. Liano, tout au long
de la narration, utilise des expressions crues, rhétoriques et remplies
d’ironie envers une société inacceptable et corrompue quel
que soit le point de vue. En outre, l’auteur truffe son vocabulaire d’expressions
qui donnent une vérité atroce aux évènements.
Tous ces éléments
font de L’homme de Montserrat un excellent
petit roman, aussi saisissant qu’effrayant, qui interpelle avant tout
les consciences, la morale et les comportements.