le polar européen en ligne de mire
n°4 Février-Mars-Avril 2006

 

 

FRANCISCO GONZÁLEZ LEDESMA
PRIX “PEPE CARVALHO” 2006

Le Prix est attribué à Francisco González Ledesma pour son apport au roman noir européen et espagnol dont il est actuellement le doyen.

Son œuvre romanesque centrée sur une Barcelone parallèle à celle de Pepe Carvalho est manifestement en relation avec l’univers de Manuel Vázquez Montalbán, aussi est-il le candidat idéal pour la première édition de ce Prix.

Francisco González Ledesma est en outre un des grands dépositaires de la mémoire du roman populaire de l’après-guerre et un témoin des changements qu’a connus la ville, autant de faits qui confèrent à son œuvre un caractère documentaire qui la rend particulièrement précieuse.

La cérémonie de remise du Prix Pepe Carvallo 2006 se déroulera le lundi 6 février à 19 heures dans la Salon de Ciento de la Mairie de Barcelone. Toute l’équipe de la Bibliothèque La Bóbila adresse ses félicitations à Francisco González Ledesma pour l’attribution du Prix Pepe Carvalho 2006. Toutes nos félicitations Paco !

À cette occasion, la Bóbila inaugure un nouveau service informatique de revue de presse sur les auteurs de romans noirs et policiers avec un dossier consacré à González Ledesma que l’on peut consulter sur notre site : www.bobila-biblio.tk.

>> Lire un entretien avec Ledesma

 


GONZÁLEZ LEDESMA
Manuel Vázquez Montalbán – El País 15/10/1984

Qu’un avocat aux honoraires confortables échange son cabinet contre la rédaction d’un journal cela signifie que le romantisme n’a pas été une mode esthétique et une attitude morale de circonstance mais qu’il s’agit bien d’une constante éternelle de l’esprit. González Ledesma était l’une des rares plumes que l’on pouvait lire dans la Barcelone du second siècle de l’ère de Franco. Et on pouvait le lire parce qu’il écrivait bien et parce qu’il pointait du doigt des vérités qui allaient toujours bien au-delà de celles strictement tolérées par les délégués du Ministère d’Information et Tourisme. Peu de gens savaient que ce journaliste, tout juste arrivé dans la profession, était déjà un spécialiste aguerri de romans de gare et un écrivain très prometteur qui avait gagné le Prix International du Roman créé par l’éditeur Josep Janés… Auteur de romans de gare, auteur censuré, journaliste écrivant à demi-mot, professionnel faisant partie du groupe démocratique de journalistes, alors clandestin, González Ledesma devient une provocation culturelle sous prétexte qu’il a remporté le Prix Planeta le plus payé de toute son histoire.

Microscopes et télescopes critiques vont scruter le roman d’un authentique optimiste de l’écriture très surprenant en un temps d’avouables ou inavouables lassitudes. À 57 ans, González Ledesma a reçu de la littérature la satisfaction d’une folle soirée et la malédiction, toute relative, de 12 millions de pesetas dont il devra justifier l’emploi jusqu’en 2000. Il lui a fallu plus de 30 ans de sa vie pour obtenir cette soirée et durant toutes ces années le plaisir d’écrire a été un vice solitaire quasiment secret. Je me réjouis pour le camarade et pour la littérature, pour toutes les littératures que González Ledesma a arrachées aux dieux pour les offrir aux hommes.

(Article publié à l’occasion de l’attribution du Planeta à Francesc en 1984 pour Chronique sentimentale en rouge. Manolo avait reçu ce même prix en 1979 pour Les mers du Sud).

L’original – en Espagnol – est consultable sur le site www.bobila-biblio.tk.

 


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