le polar européen en ligne de mire

n°5 Mai-Juin-Juillet 2006

 

 

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En souvenir des hard-boiled (dur à cuire)

Putas, diamantes y cante jondo
Lluís Gutiérrez

Abadia Editors, La capa negra • 2005 • 190 pages

Àlex Martín Escribà
Traduction : Jean-Pierre Petit

 

Un détective accro au jus d'orange naturel, qui partage sa vie avec une chienne qui s'appelle Tendresse et qui de temps à autre entretient des relations sexuelles avec Maruchi, plus connue sous le nom de l'Edentée, ne peut-être qu'un traîne-savates déjanté ou un enfoiré d'enquêteur privé.

Par cette description, Lluis Gutièrrez nous présente son personnage, Basilio Cèspedes, un détective connu sous le nom d'Humphrey. Associé à son ami et voisin, le Galicien - américanisé et connu sous le nom de Billy Ray Cunqueiro -, ils tiennent tous deux l'agence “Humphrey et Cunqueiro Associés. Agence d'Investigation et d'aide à l'Entreprise”.

Armé de ces personnages, Gutierrez surgit avec force dans le panorama noir espagnol avec Putas, diamantes y cante jondo (Putes, diamants et cante jondo), un roman noir écrit à la première personne dans lequel il nous raconte quatre flamboyantes histoires empreintes d'humour, d'ironie et avec une vision du monde militante et sarcastique.

Le récit s'ouvre avec la mort de l'oncle Matias, un patriarche gitan du quartier barcelonais de Poble Sec. Au même moment, un ouvrier trouve un tas de diamants cachés dans des caisses de marchandises et un militaire russe appelé Yuri Samshuck, arrive en Espagne pour négocier des affaires troubles parce qu'on lui a dit que la “police est tendre et les juges, des imbéciles”. De son côté, Billy Ray rêve de s'acheter un yacht de luxe, de le remplir de putes et de voyager avec elles.

Dans toute cette histoire, les deux personnages centraux - aidés d'une secrétaire très inefficace mais aux superbes courbes et d'un sergent en retraite appelé Garcia - vont s'affronter à une infinité de sales affaires, où aucun d'entre vous ne s'aviserait à mettre le nez.

Manuel Vasquez Montalban avait dit un jour que “la pègre n'est plus ce qu'elle était”. Certes, mais avec Lluis Gutierrez on récupère beaucoup d'ingrédients des romans noirs classiques des années 70 et 80. Sans perdre le moins du monde son caractère contemporain, le roman de Gutierrez rappelle les vieilles histoires de Mendez ou de Miguel Vargas Reinoso à Barcelone, ou les comportements polémiques de Toni Romano à Madrid. Avec ce roman, nous retournons à ce microcosme peuplé de putes, de gitans et de maffieux où l'on obtient des informations seulement dans les bars à putes et où la loi s'impose à nouveau - comme dans les années du gangstérisme - dans les rues les plus obscures de Barcelone.

Je ne peux qu'approuver ce que dit Jordi Canal dans sa préface : prenez votre fauteuil le plus confortable, une bonne bouteille de whisky au malt, des cigarettes américaines et passez du bon temps parce que le spectacle est assuré.

 


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