Avant-propos
Le texte qui suit, un essai de Moez Lahmedi,
se sert des outils de l'intertextualité pour examiner le
mécanisme d'assemblage
des textes de la littérature policière.
Avatar moderne
des approches théoriques de la littérature
comparée, l'intertextualité -après bien des
balbutiements- semble avoir mieux défini, dans ses évolutions
récentes,
ses buts et ses limites d'investigations d'un texte, et veut se concentrer
sur les traces d'intertextes présentes dans le texte lui-même,
intertextes, qui comme les liens sur Internet, vous mènent
vers les autres textes dont certains de ses passages s'inspirent.
Directement ou de manière bien plus voilée, implicite.
Le roman à énigme est évidemment un champ parfait
d'investigation pour cette approche, le roman noir sera plus difficile à cerner
sans faire appel à d'autres notions.
Peut-être que le
roman noir policier ultime sera celui avec la plus faible présence
d'intertextes vers son propre genre littéraire ? Le lecteur
devant être alors, lui, le
récepteur parfait à la vaste connaissance littéraire,
afin d'en juger.
En attendant, suivez les intéressantes traces
suivies par Loez Lahmédi dans cette littérature qui
nous tient à coeur.
Etienne Borgers (14 mai 2006)
L'intertextualité policière :
spécificités
et enjeux
Essai
de Moez Lahmédi
Moez Lahmédi, âgé de
29 ans, est professeur de français à Haffouz (Kairouan,
Tunisie) et doctorant de la Faculté des Lettres et des Sciences
Humaines de Sousse. Outre la littérature policière,
son intérêt se porte vers la sociologie de la littérature.
Il est correspondant du département de communication de
l'UCL (Belgique).
« Je crois comprendre ce qui a dû être
le sens et l'attrait d'une vocation désormais inconcevable :
celle de copiste. Le copiste vivait dans deux dimensions en même
temps, celle de la lecture et de l'écriture ; il pouvait écrire
sans l'angoisse du vide qui s'ouvre devant la plume ; lire sans
l'angoisse que son acte propre manque de se concrétiser en
rien de matériel. »
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver
un voyageur, Seuil, 1981,
p.190.
Dérivé du mot latin « texere » qui
désigne l'action de « tisser », le texte
littéraire, policier entre autres, est par définition
un espace hyphologique (de hyphos qui signifie « toile
d'araignée ») qui met en oeuvre un réseau
extrêmement complexe de relations et de filiations palimsestuelles1 :
l'intertextualité, l'hypertextualité et la métatextualité sont
les trois principaux mécanismes (intra)narratifs (la paratextualité et
l'architextualité ne concernent à notre sens que l'aspect « vestimentaire » du
corps textuel) sur lesquels le critique policier doit s'attarder lors
de son voyage sur la planète des signes.
L'intertextualité policière,
qui constitue en réalité une
variante de l'intertextualité littéraire, signifie
que tout texte policier a besoin d'un pré-texte,
c'est-à-dire
d'un ensemble d'intertextes (littéraires, picturaux, cinématographiques,
etc.) pour acquérir une certaine littérarité. La
littérarité est à prendre ici dans le sens de « l'aptitude
du texte à opérer un rajout singulier de valeur »2. A
partir des anciennes formules policières, l'auteur policier
invente donc une nouvelle alchimie textuelle : ses mots portent, outre
les traces du moi scripteur, celles de tous les alter ego invoqués
et textualisés. Chaque texte policier est donc le palimpseste,
le décalque, le fac-similé d'autres textes.
En fait, le mécanisme de l'intertextualité policière
ou littéraire ressemble beaucoup à celui de la synesthésie,
en ce sens qu'un énoncé peut exhumer dans la mémoire
du lecteur, que ce soit par sa structure syntaxique ou sa charge
sémantique,
un autre énoncé ou un autre texte lu auparavant. Dans Le
plaisir du texte, Barthes parle d'ailleurs de l'intertextualité comme étant
un « souvenir circulaire »3. Bien
sûr, la valeur textuelle de la connexion intertextuelle ne
se cantonne pas dans cette fonction mnésique ; derrière
la dialectique du Même et de l'Autre plusieurs enjeux sont
en effet en jeu :
L'intertextualité, précise
Sophie Rabau, ne
se réduit pas au simple constat que les textes entrent en
relation (l'intertextualité) avec un ou plusieurs autres
textes (l'intertexte). Elle engage à repenser notre mode
de compréhension
des textes littéraires, à envisager la littérature
comme un espace ou un réseau, une bibliothèque si
l'on veut, où chaque texte transforme les autres qui le
modifient en retour4.
Objet réactionnel donc, le texte, qu'il soit littéraire
ou policier, ne peut et ne doit se lire qu'en tant que tessiture romanesque
polychrome et pluriréférentielle.
Dans les polars (et là nous abordons
le premier point de divergence entre l'intertextualité littéraire et
l'intertextualité policière),
le processus intertextuel joue souvent le rôle d'un identificateur
générique. Les renvois que fait l'auteur, sur le mode
citationnel (les intertextes explicites) ou allusif (les intertextes
implicites), à des enquêteurs, à des textes ou à des
clichés policiers célèbres visent à inscrire
l'œuvre dans un horizon générique policier. Le récepteur,
censé connaître les figures emblématiques du genre,
sait très bien que le contrat de lecture proposé par
l'auteur est essentiellement policier, c'est pourquoi il lira le texte
en fondant ses hypothèses et ses attentes sur « l'expérience
qu['il] a d'autres textes [policiers] »5. L'intertexte
naturalise ainsi le texte6.
Il le naturalise mais en même temps il le singularise. Uri
Eisenzweig remarque que les jeux intertextuels ne sont jamais innocents,
car « la
logique du contrat de lecture policière veut que l'on ait le
sentiment à la fois de l'existence (réelle ou possible)
d'une série textuelle du même type que le texte qu'on
est en train de consommer et du fait que cette série est dépassée
par lui »7.
C'est cette logique du dépassement, absente d'ailleurs de l'intertextualité littéraire,
qui empêche le genre de s'épuiser et de se fossiliser :
l'intertextualité permet à la littérature policière
de se métamorphoser, d'évoluer, et de renaître à chaque
fois de ses cendres.
La connexion intertextuelle représente également
l'un des paramètres cardinaux dans le processus lectoral.
Les renvois intertextuels contribuent à placer le lecteur
dans une posture réceptive à la fois rassurante et
surprenante : rassurante, parce que, comme nous l'avons déjà signalé,
les textes policiers sont tous apocryphiques, c'est-à-dire
qu'ils sont les palimpsestes non seulement d'un modèle originel
(le roman problème), mais aussi d'autres textes. La répétition,
le réemploi et le ressassement du déjà-dit, procurent,
comme l'affirme Jean-Claude Vareille, un plaisir spécifique,
un plaisir « qui tirerait son origine du penchant que
possède la vie à obéir à une certaine force
d'élasticité ou d'inertie, de la tendance de tout être à revenir à son état
premier. (…) La répétition annule l'angoisse existentielle
du surgissement du nouveau, le stress de la pensée négative.
Elle est une illustration de la loi du moindre effort »8.
Surprenante, parce que c'est l'écart (« l'agrammaticalité »9)
par rapport au modèle originel ou par rapport aux autres textes
qui crée l'effet de surprise et qui rend, par conséquent,
la lecture de toute l'œuvre fascinante. L'auteur original est, dans
cette optique, celui qui arrive à démentir les prévisions
et les expectatives de son lecteur, c'est celui qui, à la fin
du jeu textuel (et là Genette nous dit que « le
vrai jeu comporte toujours une part de perversion »10), « hasard[e]
un coup totalement inédit qu'aucun scénario n'avait encore
enregistré, un coup tel qu'il passera à la postérité pour
sa hardiesse et sa nouveauté, de sorte que le lecteur éprouve
du plaisir de se voir contredire »11.
L'ingéniosité de l'auteur policier
consiste donc à déduire
de l'enchaînement logique des événements et des
indices un dénouement différent de celui auquel s'attendait
le lecteur12. L'exemple
du Meurtre de Roger Ackroyd de Christie est très
significatif à cet égard ;
la grande réussite de ce roman tient à ce que le lecteur
découvre, à la fin du récit, que le narrateur
est lui-même le criminel recherché par la police. Notons
par ailleurs que l'une des données sur lesquelles repose la
théorie du récit impossible d'Uri Eisenzweig (théorie
d'ailleurs appliquée par Christophe Gelly aux romans de Poe,
Wilkies Collins, Charles Dickens et Conan Doyle)13 consiste à dire
que le recours à la stratégie intertextuelle vise principalement à gommer
l'inadéquation éternelle entre le récit de l'enquête
et l'histoire du crime. La déception inhérente au projet
narratif policier (les éléments résolutoires
sont toujours extratextuels) se trouve compensée par le plaisir
que procure la lecture intertextuelle. Nous pouvons de ce fait classer
la stratégie intertextuelle parmi les « artifices
de la consolation »14 mentionnées
par Eco dans De Superman au surhomme.
Dans le roman littéraire (le « roman-roman » pour
reprendre l'expression de Japrisot) où la narration suit uniquement « l'ordre
des événements »15 (la
narration policière, elle, « suit
l'ordre de la découverte »16),
l'effet de surprise ne constitue pas l'enjeu majeur du récit
; le texte s'impose avant tout par son style, par son éthos.
Etre original pour un romancier « blanc » ne
signifie donc rien d'autre qu'avoir un style différent.
Il convient de noter toutefois que la
récupération intertextuelle
des textes anciens, contrairement à ce que pense Eisenzweig,
ne s'opère toujours pas dans les textes policiers sur un mode
dépréciatif. Autrement dit, le principe de la concurrence
générique (faire mieux que les autres) n'est pas le seul
moteur du processus intertextuel, car les allusions et les renvois à autrui
peuvent être mélioratifs. Dans Au bonheur des ogres de
Daniel Pennac (« Folio », Gallimard, 1985) par
exemple, certains intertextes, entre autres L'affreux Pastis de
la rue des Merles, sont explicitement valorisés et mis
en relief :
M. Risson, dit le narrateur, (…)
me trouve les yeux fermés ce que je lui demande : la
réédition
en collection de poche de ce bon vieux Gadda :
L'AFFREUX PASTIS DE LA RUE DES MERLES. N'ayant plus rien à espérer, je
me plonge dans les délices de la première page.
Que je connais par cœur :
« Etourdissant d'ubiquité,
omniprésent à chaque
ténébreuse affaire… » (p.137) (C'est
nous qui soulignons)
Comment expliquer donc cette subversion
des codes et des rites génériques ?
Dans sa thèse de doctorat intitulée « Parodie
et transposition dans le roman policier contemporain. Exemples français
et espagnols »17,
Marion Girard François considère que la valorisation
de l'altérité textuelle permet à l'auteur non
seulement de hisser son œuvre au rang des intertextes qu'il cite mais
encore de transformer ces intertextes en indices, c'est-à-dire
en maillons constitutifs de la longue chaîne événementielle
du récit18. Bien
sûr, pour que la greffe intertextuelle prenne bien et n'apparaisse
pas allogène dans le corps textuel, l'auteur doit la priver
de sa signifiance première et la doter d'une nouvelle fonctionnalité narrative19.
Dans le texte non-policier, cette fonction
indicielle du processus intertextuel n'existe pas. L'absence d'une
intrigue policière,
donc d'une énigme rend quasiment impossible la conversion des
intertextes en indices. Les mots demeurent dans ce cas intransitifs,
et c'est là une autre différence entre l'intertextualité littéraire
et l'intertextualité policière.
Il est à remarquer que la fonction
indicielle de l'intertextualité policière,
fonction qui ouvre le texte et le transforme en un réceptacle
d'une infinité de sens et d'interprétations, est indissociable
d'une autre fonction non moins importante : la fonction réflexive.
En effet, le processus intertextuel, en opérant une scission
(partielle)20 entre
l'univers textuel et l'univers réel, débouche inéluctablement
sur une mise en abyme de l'acte de lecture et du processus génératif
de la narration. C'est donc le texte policier lui-même qui
se regarde et qui nous renvoie sa propre image :
[La] conscience
de n'être que
pure fiction, conduit
le texte à se mettre en abyme, à se réfléchir
en se redoublant et en se pensant lui-même. L'auteur est tenté par
une écriture du commentaire qui se met théâtralement
en question, revient sur elle-même en dehors de toute référence à une
réalité extra-linguistique21.
L'une des fonctions de l'intertextualité policière
consiste donc à déréaliser l'écriture
policière
et à la cantonner par conséquent dans le pur travail
sur la forme (en réalité, cet aspect est vrai pour le
roman d'énigme classique, beaucoup moins pour le roman noir,
qui se soucie plus de la réalité sociale que d'une question
esthétique même si l'un n'exclut pas l'autre, comme chez
Manchette). Le livre, devenu le lieu d'une sursaturation sémique,
met ainsi le lecteur en face d'un monde - en partie - clos où les
lexèmes ne renvoient qu'à eux-mêmes et où la
parole ne parle que du processus de sa prolifération : « La
visée de l'écriture, c'est encore de l'écriture »22.
L'intertextualité fonctionne
ainsi comme une passerelle transitionnelle (une sorte de « star-gate »)
qui mène progressivement le lecteur vers l'univers étoilé du
texte ; cette capacité du processus intertextuel à « métatextualiser » l'acte
scriptural et donc à inscrire l'œuvre dans une logique verbale
autoréférentielle (ce que Eco appelle aussi « la
logique de la bibliothèque ») prouve que l'approche
intertextuelle peut représenter un excellent modèle
d'interprétation du texte policier.
Deux remarques
importantes en rapport avec le processus intertextuel en général doivent être faites : la première,
c'est qu'il n'existe jamais d'« archi-lecteur »,
c'est-à-dire de lecteur capable de réaliser une lecture
intertextuelle parfaite :
La mémoire de chaque individu, écrit
Tiphaine Samoyault, n'étant ni totale, ni identique à celle
portée par le texte, la lecture de l'ensemble des phénomènes
intertextuels - de leurs résultats dans le texte – admet forcément
la subjectivité. Seul Irénée Funes, le personnage
doué d'une mémoire absolue et sans faille imaginé par
Borges (…) pourrait saisir d'un seul coup d'œil l'ensemble des références ;
mais il priverait de ce fait l'intertextualité d'une part de
son intérêt qui tient justement à la variabilité de
sa réception, phénomène qui permet aux œuvres
d'avoir plusieurs vies différentes.23
Toutes les lectures
sont de ce fait relatives, elles dépendent
non seulement du savoir encyclopédique du lecteur mais aussi
de la sensibilité et des aptitudes coopératives de celui-ci.
Mais aujourd'hui,
avec l'irrésistible
ascension du livre électronique
et le passage progressif du format A4 au format HTML, une archi-lecture
intertextuelle est devenue à notre sens réalisable. L'exploitation
des nouvelles fonctionnalités hypertextuelles (logiciels d'écriture,
de lecture, d'édition, d'archivage, de recherche documentaire,
de travail en groupe, etc.)24 permet
de rendre le texte informatisé accessible à tout le monde
; chaque lecteur peut par un simple « clique » ajouter
ses notes et ses propres commentaires intertextuels. Le plaisir que
procure cette « partouze » textuelle sera certainement
plus intense que le plaisir (de la lecture) solitaire. En outre, cette
nouvelle conception de l'œuvre littéraire permettra au lecteur
de jouer réellement avec le texte.
La création d'un « Compagnon Office » programmé « intertextuellement » et
capable de faire des remarques et des suggestions d'ordre intertextuel
est également un projet réalisable.
Notre deuxième remarque concerne la fonction inaugurale - disons
plutôt germinale - de l'intertextualité policière.
En effet, chaque texte policier porte en lui les germes et les promesses
d'autres textes. Autrement dit, tout texte est apte à devenir à son
tour un intertexte. Sur la quatrième de couverture de chaque
texte, il y a donc un « à suivre » imperceptible
que tout auteur peut investir dans un nouveau projet d'écriture.
Il s'avère ainsi que le travail intertextuel est l'un des éléments
fondateurs et définitoires de l'écriture policière ;
comparable au docteur Frankenstein de Shelley, l'auteur policier crée
son texte à partir de fragments et de greffes provenant de différents
corps textuels. C'est cette opération qui empêche en fait
la coagulation du sens et qui facilite, par conséquent, sa circulation.
L'écrivain policier n'est en ce sens que :
... celui qui
plagie, parodie, pastiche, assemble et désassemble
des modèles, et avec cela fait des livres qui non seulement
ne ressemblent à ceux de personne, mais donnent l'impression
que les modèles les ont copiés et que les livres futurs
seront forcés de leur ressembler25.
Le texte policier
devient ainsi un véritable monstre qui avale
tout sur son passage : les autres textes, l'auteur qui n'a plus
la mainmise sur sa créature et le lecteur qui choisit par lui-même
de plonger au fond du gouffre fictionnel. Ceci rappelle la phrase de
Ricardou : « La littérature procède
par dévoration ; elle est ce monstre qui détruit
le langage à mesure qu'il le consomme »26.
Bibliographie
- Barthes Roland, Le
plaisir du texte, Du Seuil, 1973.
- Bourque Ghislain, « La littérarisation »,
in La littérarité, collectif,
Presses de l'Université, Laval,
1991.
- Caillois Roger, Puissances
du roman, Approches de l'imaginaire, Gallimard, 1966.
- Eco Umberto, De Superman
au surhomme, Grasset, 1993.
- Eco Umberto, Lector
in fabula, Grasset, 1985.
- Eisenzweig Uri, Le
Récit
impossible, Forme et sens du roman policier, Christian
Bourgois, 1986.
- Eisenzweig Uri, « un Concept
plein d'intérêts », in
Texte, n°2, (L'intertextualité :
intertexte, autotexte, intratexte), Toronto, Trintexte,
1983.
- Evrard Franck, Lire
le roman policier, Dunod, Paris, 1996.
- Ferrand Nathalie, Banques
de données
et hypertextes pour l'étude du roman, Coll. « Ecritures électroniques »,
PUF, 1997.
- Gelly Christophe, Le
récit policier
anglophone, genèse
d'une poétique, Thèse de doctorat, soutenue à l'université Lyon
2, 1999 (Thèse électronique).
- François
Girard Marion, Parodie et transposition
dans le roman policier contemporain, Thèse
de doctorat soutenue à l'Université Lyon
2, 2000 (Thèse électronique).
- Genette G, Palimpsestes, Coll. « Poétique »,
Seuil, 1982.
- Jenny Laurent, « la
Stratégie de la forme », in
Poétique, n° 27, 1976.
- Rabau Sophie, L'intertextualité,
Flammarion, 2002.
- Ricardou J, Problèmes
du Nouveau Roman, Coll. « Poétique »,
Seuil, Paris, 1978.
- Ricoeur Paul, Du texte à l'action,
L'herméneutique
II , Coll. « Esprit », Du Seuil.
- Schneider M., Voleurs de mots,
Essai sur le plagiat, la psychanalyse
et la pensée,
Coll. « Connaissance de l'inconscient »,
Gallimard, 1985.
- Vareille J.C, L'homme
masqué, le justicier et le détective,
Presses universitaires de Lyon, 1998.
Notes
1 Pour
Eisenzweig, (Le Récit
impossible, Forme et sens du roman policier, Christian Bourgois,
1986, p.153-154) « l'activité transtextuelle
est présente dans l'ensemble de la production littéraire.
D'un certain point de vue, l'on peut même y voir un phénomène
essentiel à toute existence textuelle. » retour
2 Ghislain
Bourque, « La
littérarisation », in La littérarité,
collectif, Presses de l'Université Laval, 1991, p.32. retour
3 Roland
Barthes, Le plaisir
du texte, Du Seuil, 1973, p.59. retour
4 In
L'intertextualité (textes
choisis par Sophie Rabau), Flammarion, 2002, p. 15. retour
5 Umberto
Eco, Lector in fabula, op.cit ,
p. 101. retour
6 Franck
Evrard, Lire le roman policier, DUNOD, Paris, 1996, p. 85 : « De
nombreuses références intertextuelles à des
enquêteurs mythiques (Œdipe, Dupin, Sherlock Holmes, Hercule
Poirot, etc.) et à leurs méthodes d'investigation émaillent
les textes policiers comme si, à l'origine de tout récit
policier se trouvait déjà une énigme écrite. » retour
7 In
Le Récit impossible, op.cit ,
p. 171. retour
8 L'homme
masqué, le
justicier et le détective, Presses universitaires de
Lyon, 1998, p. 87. retour
9 Uri
Eisenzweig, « un
Concept plein d'intérêts », in Texte, n° 2,
(l'intertextualité : intertexte, autotexte,
intratexte) Toronto, Trintexte, 1983, p. 166. retour
10 Palimpsestes,
coll « Poétique »,
Seuil, 1982, p. 452. retour
11 Umberto
Eco, Lector in
fabula, Grasset, 1985, p. 150. retour
12 Uri
Eisenzweig, Le Récit impossible , op.cit , pp. 170-171 : « C'est
qu'au principe du contrat de lecture policier, il y a la tâche
première du romancier, qui est de surprendre.
Surprendre, c'est-à-dire démentir les (pré)suppositions
du lecteur. C'est-à-dire également, et surtout, trouver
une solution narrative originale et unique à un problème
ancien et récurrent (…)Le contrat de lecture policier ne peut
donc fonctionner que dans un cadre intertextuel car il n'y a de surprise
que par rapport à un horizon d'attente déjà bien établi. » (C'est
lui qui souligne). retour
13 Cf,
Le récit
policier anglophone, genèse d'une poétique, Thèse
de doctorat, soutenue à l'université Lyon 2, 1999
(Thèse électronique) retour
14 Grasset, 1993, p.19. retour
15 Roger
Caillois, Puissances
du roman, Approches de l'imaginaire, Gallimard, 1966,
p. 179. retour
16 Ibid. retour
17 Soutenue à l'Université Lyon
2, 2000 (Thèse électronique) retour
18 Ibid : « Intégrer
une référence intertextuelle de façon explicite,
c'est lui rendre hommage et se placer dans une filiation prestigieuse
en repoussant au loin (…) une référence plus immédiate,
plus logique, plus aisée à établir, mais c'est
aussi la dévorer en en imposant une interprétation,
en l'utilisant pour les besoins de son oeuvre propre, en l'intégrant
quitte à la faire dévier de son sens premier. » retour
19 Laurent
Jenny, « la
Stratégie de la forme », in Poétique, n° 27,
1976 , p. 267 : « […] Il faut que le texte “ cité ” admette
de renoncer en quelque sorte à sa transivité : il
ne parle plus, il est parlé. Il ne dénote plus, il connote.
Il ne signifie plus pour son propre compte, il passe au statut de matériau
comme dans le “ bricolage mythique ”,
où des messages pré-transmis sont collectionnés
pour être ré-arrangés dans des ensembles nouveaux. » retour
20 Parce
que dans toute œuvre
fictionnelle - fût-elle de science-fiction -, il y a toujours
une part de réalité : « Si le monde
du texte était sans rapport assignable avec le monde réel
, remarque Paul Ricoeur, alors le langage ne serait pas “ dangereux ” au
sens où Hölderlin le disait, avant Nietzsche et walter Benjamin
[…] De même que la fiction narrative n'est pas sans référence,
la référence propre à l'histoire n'est pas sans
parenté avec la référence “ productrice ” du
récit de fiction. » (Du texte à l'action,
L'herméneutique II , coll « Esprit »,
Du Seuil, p.86). Dans Palimpsestes (op.cit, p.453),
Genette a fait une remarque semblable : « J'entends
bien - il faudrait être sourd -l'objection que ne manque
pas de soulever cette apologie, même partielle, de la littérature
au second degré : cette littérature “ livresque ” ,
qui prend appui sur d'autres livres, serait l'instrument, ou le lieu,
d'une perte de contact avec la “ vraie ” réalité,
qui n'est pas dans les livres. La réponse est simple :
comme nous l'avons déjà éprouvé, l'un n'empêche
pas l'autre, et Andromaque ou Docteur Faustus ne sont pas plus loin
du réel qu'Illusions perdues ou Madame Bovary. » retour
21 Lire
le roman policier, op.cit ,
p. 87. retour
22 Jean-Claude Vareille,
op.cit , p. 100. retour
23 Op.cit,
p. 69. retour
24 Cf
Banques de données
et hypertextes pour l'étude du roman, sous la direction de
Nathalie Ferrand. Col « Ecritures électroniques »,
PUF, 1997. retour
25 Schneider,
M. Voleurs de mots, Essai sur le plagiat, la psychanalyse et la pensée,
Coll « Connaissance de l'inconscient », Gallimard,
1985, p. 72. retour
26 Problèmes
du Nouveau Roman, coll « Poétique »,
Seuil, Paris, 1978, p.128. retour