Paco Martinez enquête
avec Maurice Choukroun, son adjoint, sur un double meurtre commis
sur une plage d'Alger. Estelle et Mouloud sont retrouvés nus
et sans vie par des gamins. Le corps de Mouloud est mutilé et
on a inscrit OAS à la pointe
du couteau sur son dos. Tout porte à croire que c'est un meurtre
raciste perpétré par une quelconque faction de ce groupuscule
réactionnaire et extrémiste. Mais Paco ne s'en laisse
pas conter, c'est vers la famille de la jeune fille qu'il dirige
ses premières investigations. Une famille désunie de
notables dont le père est handicapé. Une enquête
qui pourrait être banale si elle ne se déroulait pas à Alger
entre janvier et juin 62 et c'est dans les derniers jours troubles
de cette Algérie Française que l'inspecteur va tenter
de débusquer le coupable. Il devra passer au travers des tirs,
des bombes. Quant son adjoint sera descendu par l'OAS pour sa prétendue
traîtrise, il continuera, aidé cette fois ci par Irène,
sa maîtresse. Paco, personnage attachant, a une autre femme
dans sa vie, sa grand-mère espagnole, refugié de la
guerre civile, c'est elle qui l'a élevé mais elle vit
ses derniers jours. Martinez, narrateur principal, est un homme cultivé,
il fait souvent allusion à des films noirs (Hawks, Hitchcock,
von Stenberg,…), ou bien à ses lectures (Camus, Hugo,…) pour
dépeindre les situations qu'il est en train de vivre. Mais
parfois Choukroun, Irène et même la mémé devenue
légèrement débile prennent la parole et donnent
ainsi une vision légèrement décalée de
celle de l'inspecteur. La musique a aussi son importance, celles
des mots italiens, arabes ou espagnols dont les dialogues sont parsemés
mais c'est aussi comme ça que l'on parlait là-bas à l'époque.
Une histoire noire à la fois simple et poisseuse, racontée
de l'intérieur qui frappe directement au cœur du lecteur.
Un polar pour donner un éclairage nouveau sur ce gâchis
qu'a été la fin des événements d'Algérie
qui provoquera peut-être des réactions hostiles tant
cette « histoire » est encore brûlante.