le polar européen en ligne de mire

n°6 Août-Septembre-Octobre 2006

 

 

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Roman à quatre mains

Las cosas de la muerte
(Les choses de la mort)

Pablo Bonell Goytisolo - Empar Fernández

Tropismos • 2006 • 199 pages

Àlex Martín Escribà
Traduction : Jean-Michel Joubert

 

«  Habitué aux rues sales, aux corbeilles à papiers remplies, aux conteneurs qui débordent et aux trottoirs sur lesquels il faut marcher en slalomant entre des excréments d'origines très diverses  ».
C'est ainsi que les deux auteurs du livre définissent Santiago Escalona, un inspecteur de police du commissariat de Raval, un des quartiers les plus marginaux de Barcelone.

L'intrigue, racontée de façon omnisciente,- comme dans les romans noirs classiques- et structurée selon les règles du genre, nous offre l'image d'un personnage qui doit faire face à deux affaires sans lien apparent.

La première a lieu dans le quartier du Poble Sec, où une femme est tombée de son appartement dans la cour intérieure. Escalona doit résoudre cet homicide, alors que les voisins ne semblent pas aimer beaucoup la victime. A mesure qu'avancent les «procédures » - comme les définit le héros tout au long du roman- le lecteur assiste à un dénouement caractéristique du genre. En même temps, il enquête sur la disparition d'un bijou mésopotamien dans une riche demeure des beaux quartiers de Barcelone. L'affaire se complique avec la mort de son propriétaire, monsieur Canals, ce qui permet au héros de se plonger dans le monde de la prostitution, des accros de la drogue et de la prostitution de luxe.

Tout cela dans une ambiance d'intense chaleur que fait ressortir davantage encore la construction d'une atmosphère étouffante. A mesure que l'action se déroule, le héros se déplace dans les quartiers de Barcelone, montrant les inégalités sociales. C'est ainsi que s'installe une violente critique sociale du système, si caractéristique déjà du genre qui nous occupe. Avec ce roman, déjà le second du duo Pablo Bonell Goytisolo et Empar Fernández, après Cienfuegos, 17 de agosto — nous assistons à un excellent récit à quatre mains.

Nous attendons bientôt de nouvelles aventures de ce singulier personnage, car le roman paraît destiné à se convertir en saga étant donné les questions qui restent sans réponse dans la définition du personnage. Son interprétation réussie réveille en nous le souvenir du passage de détectives aussi célèbres que Enric Vidal ou Lluís Arquer de Jaume Fuster dans les bas-fonds de la ville, ou de l'inspecteur Méndez de Francisco González Ledesma dans les rues noires de Barcelone. Nous attendons donc, très vite, quelque nouvelle aventure de cet inspecteur.


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