Depuis
le premier jour, Fred Vargas soutient, avec d'autres polardeux,
la cause de Battisti, pour qu'il puisse avoir le droit de se défendre
lors d'un autre procès qu'on lui refuse. Malgré cet
engagement très absorbant, Fred Vargas vient de publier
Dans les bois éternels, un roman
de 442 pages. Elle y traite, à la
manière du théâtre antique, de la vengeance
ancienne qui ne s'efface pas et dont les comptes n'ont jamais été apurés
et de l'amour, éternel bien sûr et qu'on ne peut partager
avec un autre. Les romans de Vargas se lisent comme des contes.
Aussi ne doit-on rien révéler par avance. Sachez
cependant qu'autour du commissaire «Pelleteur de nuages»,
on trouve pour faire bon poids, une tueuse à la seringue,
une médecin
légiste qu'Adamsberg envisage de mettre dans son lit, une
brigade de police dont Sarkozy ne voudrait à aucun prix,
car bien resserrée autour de son chef, dont un lieutenant
qui s'exprime en alexandrins (« J'irai plus sûrement
si j'avance sans hâte, Il n'est pas de combat que l'empressement
ne gâte »), de nouveaux amis en Normandie, des
cerfs dont on a sectionné les bois et arraché le
cœur,
des vierges visitées dans leur cercueil, le « De Sanctis
reliquis », ouvrage célèbre surtout dans son édition
de 1663, de l'os du groin de porc, etc. L'ensemble est lié par
la sauce Vargas car comme dans toute bonne cuisine, compte la qualité des
ingrédients. Dans les bois éternels , ils
sont légion : écriture soignée, fine, délicate,
humour à fleuret moucheté, dialogues surprenants
et drôles, tendresse et poésie. J'allais oublier de
vous parler de la toute récente paternité d'Adamsberg.
Pour endormir son fils, le petit Tom, il lui fait la lecture d'un
ouvrage de quatre cent pages sur l'architecture pyrénéenne
intitulée : Construire en Béarn – Techniques
traditionnelles du XII e au XIX e siècle. Ainsi l'enfant
retiendra l'intérêt
de la « double nécessité compensatoire,
générée
par la petitesse du matériau et la faiblesse du mortier
pulvérulent ».
Vous dormez déjà ? Tom aussi. Au fait, saviez-vous
que le cœur du cerf possède un os ?