le polar européen en ligne de mire

n°7 Novembre-Décembre-Janvier 2006/07

 

 

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La mafia colombienne en examen

El confidente de la mafia se confiesa*
Gustavo Salazar Pineda

El Tercer Nombre • 2006

Javier Sánchez Zapatero
Trad.: Michaël Dias Dos Santos

 

Comme son titre l'indique bien, El confidente de la mafia se confiesa est le témoignage de celui qui a un jour été l'avocat de quelques-uns des plus célèbres et puissants chefs de la mafia colombienne. C'est pourquoi il n'y a aucun visage de fiction dans l'ouvrage, puisque, comme le fait remarquer l'auteur dans son prologue, « quand la réalité est telle, il n'y a pas de place pour l'invention ». Cette volonté de faire avec son œuvre un portrait fidèle – bien que personnel, puisqu'il se compose toujours de souvenirs, d'expériences et d'opinions – d'un des plus puissants réseaux de crime organisé et d'extorsion du monde structure à chaque instant l'ouvrage. Celui-ci est construit comme un résumé de portraits, d'expériences et d'exposés par lesquels il s'agit de faire parvenir au lecteur une image plus vive et moins stéréotypée des chefs de la drogue.

Il apparaît difficile de lire ce livre sans avoir en tête de façon continue (et injuste, puisque ce sont des titres éminemment différents) la comparaison avec Journal d'un enlèvement qui, par l'universalité de son auteur, est devenue probablement la plus connue de toutes les œuvres qui traitent du sujet de la mafia colombienne. Le fantastique reportage romancé de Gabriel García Márquez montrait une partie de l'engrenage violent et menaçant du narcotrafic, alors que l'ouvrage de Gustavo Salazar Pineda montre une vue globale qui essaie de donner quelques unes des clés qui permettent d'expliquer l'immense pouvoir qu'ont eu les leaders du trafic de drogue dans ce pays sud-américain. La description qu'il fait de la situation est si concrète que la moralité semble parfois effacée par l'intention documentariste de l'auteur, qui semble se montrer plus partisan du témoignage que du jugement. Quand il le fait, Salazar Pineda met en évidence la culpabilité de toute la société et de tous les engrenages du pouvoir dans le développement de l'industrie narcotique. Sans prétendre nier la responsabilité des actions de ceux qui ont un jour été ses clients, l'auteur essaie de démontrer que la mafia est le produit de certaines circonstances politiques et sociales très concrètes et définies, faisant avant tout de ce livre une radiographie des actuelles contradictions de la Colombie.

* Le confident de la mafia se met à table.


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