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| Photo : Etienne Borgers |
Dirk
De Vos, catalan d'adoption, a eu un parcours assez atypique pour
un auteur de polars. Belge flamand, il a été pendant
plus de trente ans le conservateur du fameux musée de Groeninge à Bruges.
Ce docteur en histoire de l'art est un spécialiste de la peinture
du 15 e s., plus particulièrement de la peinture flamande.
Ecrire fait partie de sa vie. Il a écrit durant toute sa carrière
liée à l'histoire de l'art : des articles, des
essais et surtout des ouvrages consacrés aux peintres de ce
15 e s. qu'il apprécie tant, de Memling à Rogier Van
der Weyden, ouvrages prestigieux qui reçurent une reconnaissance
internationale et furent traduits dans les principales langues européennes.
Mais
comme il le reconnaît lui-même,
Dirk De Vos a
toujours eu le virus de la fiction, et en dehors de quelques récits écrits
pour la jeunesse, il finira par se mettre à la rédaction
de romans policiers dès qu'il eut plus de temps libre, au
moment de sa retraite.
C'est aussi la période de sa vie où il
décide
de s'installer avec sa femme dans les Pyrénées Orientales,
dans la région de Perpignan.
Résidant dans le Sud-Ouest
français, il publie ses romans
policiers localement. Bien qu'il lise et parle le français
couramment, il préfère toujours écrire ses romans
dans sa langue natale, en néerlandais, et il les fait traduire
pour la circonstance. A l'heure actuelle, trois titres sont disponibles
en français, trois romans mettant en scène le personnage
de Would-be (en fr. : Aspirant-, Qui Voudrait être), personnage
ambigu, fruit de l'imagination d'un fonctionnaire du Ministère
de la Culture et de la Santé : D.D., qui, profitant de chaque
moment de répit, s'incarne dans le personnage de Would-be,
enquêteur
occasionnel, pourchasseur d'énigmes. Il s'agit donc de fictions à deux
niveaux, avec un élément tout à fait onirique
qui se retrouve dans tous les romans de la série Would-be,
série
qui compte déjà treize titres en néerlandais.
Les
romans traduits se déroulent tous dans la région
catalane du Sud-Ouest et suivent souvent les traces de peintres modernes
qui y ont vécu et travaillé. Brefs romans (une centaine
de pages en moyenne) au langage direct et imagé, ils mélangent
réalité, rêveries et péripéties
proches du feuilletonesques. Avec un personnage central, équivoque
et évanescent,
qui renforce le côté légèrement surréel
de l'ensemble.
Dans Le chagrin du taureau, 2003
(Het Verdriet van de Stier), la région de Céret sert de toile de fond ; le folklore
local et la tauromachie sont les ressorts qui rendront le séjour
de Would-be et sa femme plus imprévus qu'ils ne pouvaient l'imaginer :
Woul-be assistera au meurtre par balle d'un matador en pleine corrida.
Au delà de l'intrigue, ce roman de Dirk De Vos a été d'emblée
loué par les spécialistes de courses de taureaux pour
la justesse de ses descriptions de la corrida à Céret.
Le lézard espagnol,
2004 (De Spaanse hagedis) qui se passe en grande partie à Port-Vendres
durant les vacances de Would-be mélange habilement une histoire
de fausse sculpture, suivi du suicide d'un expert en art, avec
l'apparition d'un lézard
espagnol hors-normes par ses dimensions et qui parle à Would-be.
Le lézard détenteur d'un savoir millénaire sera
au centre de l'intrigue dont le dénouement débouche
sur le fantastique.
Le Meurtre de Matisse, 2005
(De Moord op Matisse), est un amusant récit policier dont
la plus grande partie est consacrée
aux pérégrinations de Would-be, qui, à Collioure
avait peint une aquarelle du lieu qu'on lui vole et qu'il retrouve
comme un Matisse « perdu » et mis aux enchères
chez un marchand d'art célèbre. Collioure où Matisse
peignit…
A signaler : les éditions
françaises ont toutes une
couverture illustrée par de splendides aquarelles de Dirk
De Vos, lui-même peintre à ses heures. Il est
aussi le dessinateur des illustrations en noir et blanc que l'on
trouve dans le texte de chaque roman (Editeur : Balzac, 66390
Baixas).