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Cuatro manos (A quatre mains),la bande dessinée. Convertir en PDF Version imprimable
Écrit par Francisco J. Ortiz   
29-01-2010

Taibo II et Améziane
Cuatro manos (A quatre mains),
la bande dessinée.


Les liaisons dangereuses. Du roman (noir) à la bande dessinée.

On connait tous Paco Ignacio Taibo II et ses colossaux romans noirs mexicains. L'un de ses meilleurs: Cuatro manos(A quatre mains) sort actuellement en Espagne adapté en bande dessinée.


Traduit par Coralie Navarro-Mendez

ImageParler d'irrévérence et de genre policier en espagnol, implique obligatoirement la référence à l'œuvre du mexicain d' origine asturienne Paco Ignacio Taibo II. L'auteur de romans comme Días de combate (Jours de combat) ou La bicicleta de Leonardo (La bicyclette de Léonard) et d'essais (entre autre sur la biographie définitive de Pancho Villa) dirige depuis plus de deux décennies le festival de la Semana Negra de Gijón, exemple vivant de la fusion des genres et des codes narratifs, du mélange entre culture et fête considéré comme un tout indissociable.

On retrouve dans l'un de ses plus grand roman au long cours, Cuatro manos (A quatre mains), de nombreux éléments de ce cocktail molotov, représentatif de sa manière de concevoir la fiction. Il se permet d'y mêler plusieurs lignes narratives qui appréhendent un vaste territoire spatial et une longue période temporelle.

A quatre Mains commence le 19 juillet 1923, sur la frontière entre El Paso et Ciudad Juarez. C'est sur ce territoire frontalier qu'arrive un homme à la mine fatiguée, au regard triste et au bagage austère : huit bouteilles de gin hollandais. Le douanier mexicain croit l'avoir déjà vu quelque part mais n'arrive pas à le remettre. Ce n'est qu'une fois l'inconnu passé en terres étrangères qu'il le reconnaîtra comme Stan Laurel, la moitié la plus discrète des fameux « Laurel et Hardy » de la comédie cinématographique. Le jour suivant, cet acteur populaire sur le retour sera par hasard témoin de l'assassinat de Pancho Villa lui-même.


Bien des années plus tard, à notre époque, deux journalistes d'investigation, le nord-américain Greg Simon et le mexicain Julio Fernández, décident de se rendre au Nicaragua afin de mettre en place un nouveau projet commun. Pendant ce temps, Alex, petit chef d'un département secret de la CIA répondant au sigle SD (Shit Department: Département de la Merde) élabore un plan qui lui permettra d'utiliser à ses fins la figure de Rolando Lima, un narcotraficant mafieux de la pire espèce.


Ces trois principaux axes se retrouvent dans l'adaptation en bande dessinée dont nous avons pu lire jusqu'à présent les deux premiers tomes, qui reprennent eux-même la première et le début de la deuxième partie des cinq qui constituent ce roman aux dimensions considérables.

On doit l'extrême fidélité avec laquelle sont transposés les faits racontés et la structure même du livre (les titres de chapitres et de nombreux dialogues) au fait que ce soit Paco Ignacio Taibo II en personne qui ait pris les rennes de ce projet en collaboration avec l'illustrateur Améziane. C'est à celui-ci qu'incombe la dure tâche de façonner en vignette le prolifique imaginaire du romancier où se côtoient le cinéma du début de siècle, la disparition de Roque Dalton, le bassin minier asturien et Léon Trotski, auteur de romans policiers. Cette mission, le dessinateur la mène à bien brillamment. A voir absolument: le voyage à travers l'Espagne du début du siècle qu'il brosse à partir des mémoires de Tomás Fernández, grand père du journaliste mexicain qui émigra en terres asturiennes pour y fonder un journal d'opposition au régime franquiste et qui termina patron d'un petit hôtel où logea une vedette du cinéma en noir et blanc oubliée ...

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Malgré la profusion de données et une inclinaison certaine pour les textes abondants, fruits sans doute de la verve de son principal créateur, Cuatro manos (la BD) se lit avec avidité et nous laisse impatients de connaître la suite. L'amitié qui unit Greg et Julio est dépeinte avec tant de justesse qu'elle rappelle la camaraderie des films de Sam Peckinpah, de même la figure d'Alex dans son rôle de chef du SD nous offre l'un des points de vue les plus fascinants sur l'univers des agences de l'Intelligence que nous ayons eu le plaisir d' apprécier et qui n'a rien à envier à celles de Norman Mailer, Robert Deniro ou Greg Rucka pour citer les références en matière de littérature, de cinéma et de bande dessiné bien entendu. Alors que nous attendons la suite avec intérêt, en particulier pour le merveilleux travail d'Améziane, nous pouvons nous délecter du roman de Taibo, en reprenant la lecture du récit là où les vignettes l'ont laissé.

Dernière mise à jour : ( 01-06-2010 )
 
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