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Les enqutes d'Oscar Wilde Convertir en PDF Version imprimable
crit par Sophie Colpaert   
11-06-2008

Des deux côtés de la Manche, deux romanciers semblent s'être donné le mot pour mettre en scène Oscar Wilde en enquêteur. Et la vie du dramaturge fut si riche, et si contrastée, qu'il y a matière à ces deux regards qui se complètent.

ImageOscar Wilde et le meurtre aux chandelles  (éditions 10/18, 2008) est l'oeuvre de Gyles Brandreth, un britannique, homme de médias et de théâtre qui vit depuis de nombreuses années sous le signe d'Oscar Wilde.

En ce 31 août 1889, fidèle à ses habitudes, Oscar Wilde termine sa journée à Albemarle Club en compagnie de son ami Robert Sherard. Les deux hommes lèvent leur verre, à Arthur Conan Doyle dont Oscar vient de faire la connaissance, et à Billy Wood, dont le corps sans vie gît dans une chambre de Cowley Street. Qui a pu sacrifier ce garçon à l'arme blanche au milieu des bougies et de l'encens? Quelques heures plus tard, le corps a disparu et la chambre mortuaire resplendit de propreté. Oscar se décide à aller trouver la police, jurant, devant l'inspecteur Fraser, de sa bonne foi et de ses rapports licites avec le jeune garçon. Mais l'inspecteur Fraser rechigne à enquêter sur un crime qui pourrait se révéler embarrassant, surtout pour les connaissances de Billy Wood... Il en faut plus pour impressionner Oscar Wilde! Fidèle à la mémoire du jeune homme, l'écrivain mène son enquête tandis que Robert Sherard, tenu informé de ses découvertes, courtise intensément la fiancée délaissée de l'inspecteur Fraser, sans que ce dernier n'en prenne ombrage...  Mais à mesure qu'Oscar Wilde progresse, les témoins cruciaux meurent, assassinés les uns après les autres. Le doute s'insinue dans son esprit...

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles est le premier roman d'une série qui a trouvé le succès auprès du public anglophone. Gyles Brandreth y met en scène Oscar Wilde au temps de sa splendeur. Le style et l'ambiance de ce roman sont à l'image des bons mots du célèbre écrivain, léger envers et contre tout, quoiqu'il arrive. Ce qui n'exclut pas une grande profondeur dans l'analyse des rapports humains et malgré la noirceur du dénouement, on ressort tout ébloui de cette lecture.

Image Dix ans et un procès plus tard... Oscar Wilde tombe dans les mains de Sébastien Rutés qui en fait la figure centrale de son premier roman, Le Linceul du vieux monde (L'Atinoir / L'Écailler du Sud 2008).

Au mois de septembre 1899, Oscar Wilde n'est plus que l'ombre de lui-même. Ruiné, épuisé, oublié voire méprisé de tous après avoir donné sans compter, Oscar Wilde est à Paris. Assis à la terrasse d'un café, il attend le passage d'une connaissance qui acceptera de lui payer son verre. Au grand soulagement du serveur, le miracle se produit. Gégène le Balafré reconnaît Oscar, s'attable et commande trois absinthes. Le vieil anarchiste a donné rendez-vous à un frère d'arme, Nino, car une série d'agression sème la psychose dans Paris et l'on désigne déjà les anarchistes comme les auteurs de ces attentats. Les victimes sont toutes des femmes qui ont été piquées à l'entrejambe dans les transports en commun. La police a soustrait les malheureuses à la curiosité des journalistes et les rumeurs les plus folles se répandent. Il n'y a pas d'autre solution, pour innocenter le mouvement, que de mener l'enquête et trouver le coupable. Tassé sur sa chaise, Oscar Wilde dresse l'oreille. Une enquête, de l'action! C'est tout ce qui lui manque! S'accrochant à Nino comme un naufragé à son radeau, soufflant et suant sur sa vieille bicyclette, Oscar Wilde entreprend de sillonner Paris pour retrouver les victimes et les interroger. Car malgré leur mise au secret, ces femmes commencent à s'échapper. Recherchées par la police et, qui sait, par leur agresseur, elles se cachent dans Paris. Mais le réseau des anars fonctionne et pour les rencontrer, Oscar Wilde retrouve son charme légendaire, celui qui attire confiance et confidences...

Sébastien Rutés est un universitaire français dont les travaux sont bien connus des amateurs de littérature noire de langue espagnole. Avec ce Linceul du vieux monde, il offre à Oscar Wilde une dernière balade dans ces bas-fonds parisiens qu'il connaissait si bien au temps de son succès. Outre une description de Paris en 1899, Sébastien Rutés s'applique à faire parler chacun dans l'argot de sa profession ou de son milieu social. Ces langues populaires décourageront peut-être certains lecteurs mais elles apportent une couleur unique à ce roman pas comme les autres.

Dernire mise jour : ( 11-06-2008 )
 
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