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La sirne sous les algues - Diana Lama Convertir en PDF Version imprimable
14-08-2008

Diana Lama - Piemme-2008

 Da Giuseppina  La Ciura

(traduit de l’italien par Anaïs Bokobza)

 
 ImageUn an à peine après l’élégant « Solo tra ragazze » (« Juste entre filles »), Diana Lama revient en librairie avec un thriller au titre évocateur – « La sirène sous les algues » - (toujours chez Piemme), où elle confirme être une auteure versatile, très habile pour construire des énigmes raffinées et fine psychologue. Défiant la prédilection actuelle du lecteur pour les romans policiers du nord glacial de l’Europe, l’auteure, napolitaine, choisit comme décor pour son livre Pioppica, un gai petit village côtier du Cilento, sous la chaleur écrasante du mois d’août. Le maréchal Simone Santomauro (quarantenaire plein de charme, séparé de sa femme mais aussi chaste que tous les grands détectives d’antan) prend le frais sur la place du village, avec un bon livre et un verre de lait d’amande, quand des voix altérées, provenant de la plage en contrebas, lui font pressentir que ses vacances, qui viennent de commencer, sont déjà terminées - comme il est arrivé à bien d’autres enquêteurs avant lui, à commencer par Poirot. En effet, sous un tas d’algues se cache le cadavre torturé d’une femme que Santomauro, se rappelant un film japonais vu à Salerno dans un cinéma d’art et essai, appelle d’emblée « la Sirène ». Pendant plusieurs jours, le corps méconnaissable de la femme sans nom reste à la morgue, jusqu’à ce que Pippo Mazzoleni, un architecte connu originaire du village, l’identifie comme étant celui de sa femme Elena. Santamauro dispose d’une équipe d’assistants des plus respectables et il fait toutes les vérifications de routine mais, étant de la race des De Vincenzi, il préfère « laisser par les suspects à bâtons rompus ». En effet, il sait par expérience que le silence encourage les confidences, et ainsi, lentement, pièce après pièce, la personnalité de la victime, véritable cœur des ténèbres du drame, se dessine devant ses yeux. C’est Don Lillo, un jésuite très au fait des affaires de ses ouailles, qui lui offre le portrait le plus lucide d’Elena : « Elle était mauvaise, vraiment mauvaise. Elle aimait trouver le point faible des gens… et à partir de là elle appuyait dessus, de préférence en public… » Mais peut-on tuer pour avoir révélé les secrets, surtout d’oreiller, de ses soi-disant meilleurs amis ? Santamauro n’a aucun doute : l’assassin est sorti en bateau avec elle, il a dîné avec elle, il a joué au bridge, au tennis et a dansé avec elle. Quelqu'un qui fait partie du cercle des notables riches et oisifs, qui s’échangent leurs femmes et leurs maîtresses, juste parce que ça se fait, dans certains milieux (que l’auteure connaît visiblement très bien et décrit avec une ironie mordante).Puis, comme dans tout roman policier qui se respecte, le retournement arrive quand on s’y attend le moins. Il se produit – il ne pouvait pas en être autrement chez une auteure du sud profond de l’Italie – pendant la fête de la Sainte patronne du village. D’un coup, « tout » s’emboîte dans le cerveau du maréchal, tout devient parfaitement limpide et poignant. Tout, chaque petit élément, chaque incohérence… chaque mot… chaque détail gênant et sonnant faux trouve soudain sa place. Et la vérité est si atroce que Santomauro – et le lecteur avec lui – « ferme les yeux ».
Dernire mise jour : ( 19-01-2010 )
 
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