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08-10-2008

Krakoen, une structure éditoriale innovante…

qui fait ses preuves !


par Marie Vindy
 

Krakoen est un groupe d’auteurs dont Max Obione*, également l’inventeur inspiré de cette toute nouvelle formule d’édition : la coopérative d’autoproduction éditoriale Krakoen.

ImageKrakoen, qu’en est-il exactement ? Qu’est-ce donc qu’une coopérative d’auteurs ? La formule est simple : un petit groupe d’auteurs, las de voir se voir éconduire par les maisons d’éditions, ont eu le projet un peu fou de se prendre en main, de monter sa leur propore formule, une structure qui leur permettrait de voir enfin leurs textes devenir des livres et rencontrer son public.

L’aventure Krakoen venait de voir le jour. Krakoen est tout d’abord une association loi 1901, une association qui regroupe un collectif d’auteurs. Chaque membre devenant alors son propre éditeur. Mais attention, il ne s’agit pas d’édition à compte d’auteur. L’idée se voulait plus riche et le but n’était pas de satisfaire un besoin de reconnaissance par tous les moyens, même les plus inopérants, mais bien de mettre en commun des énergies pour aboutir à une structure capable de gérer la fabrication de livres en trouvant des partenaires imprimeurs et graphistes, de mettre au point une collection reconnaissable par le public et de qualité, et d’assurer la promotion des auteurs. Le pari était bel et bien fou et pourtant… Aujourd’hui, Krakoen a quatre ans d’existence, plus de trente titres à son catalogue et peut se glorifier d’avoir aidé des auteurs à réaliser leur rêve de voir leurs textes enfin édités. Mais tout cela ne s’est pas fait sans conditions. Krakoen, et c’est bien là la recette de son succès, a voulu et continu de se prévaloir d’un gage de qualité, tant dans l’objet livre, que son contenu et les moyens octroyés pour qu’il soit lu et trouve un public. Les auteurs sont donc devenus eux-mêmes éditeurs. Chacun retrousse ses manches, devient tour à tour membre du comité de lecture, correcteur et conseil littéraire des autres membres de l’association, mais aussi… surtout… l’auteur devient le principal acteur de toute cette chaîne qui fait que son tapuscrit devient un livre !

Mais il faut encore ajouter quelques précisions. Et pour cela, je vais vous faire part de ma propre expérience. Mon premier livre « Mektoub » à été édité par un petit éditeur régional (Pavic à Avallon en Bourgogne). Bien entendu, c’était pour moi un premier pas dans le monde impitoyable de l’édition, et je suis encore aujourd’hui infiniment reconnaissante que quelqu’un ait bien voulu croire en ce texte et prendre le risque de l’éditer. Mais comme beaucoup de ces petites structures, les éditions Pavic ne repose que sur les épaules d’une personne qui doit faire seule des choix, assurer le suivi de la fabrication, la diffusion et la distribution. Comment faire face dans ces conditions à la concurrence, aux milliers de nouveautés qui voient le jour chaque année et envahissent les présentoirs des librairies ? Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, la plupart des grandes chaînes, type Fnac, Privat et d’autres, refuse de prendre des livres en dépôts. Seules les librairies indépendantes peuvent encore se permettrent de croire en ces petits travailleurs du monde du livre. Il faudrait être partout à la fois, faire le forcing pour se voir inviter dans des salons et festivals, trouver des financements, se transformer en commercial et arpenter les routes de France pour que les titres soient visibles dans ces nouveaux supermarchés du livre. Bref, la mission semble impossible.

« Mektoub » a été tiré une première fois à 300 exemplaires**. J’ai été invité au salon de Recey-sur-Ource et à l’hyper marché de Semur-en-Auxois, autant dire que je n’ai pas été l’auteur à succès qui aurait fait prendre son envol à la maison d’édition, qui depuis à arrêté sa collection de polars en région. L’exemple est assez révélateur, révélateur de ce que Krakoen a réussi. Les auteurs se sont investis, ils ont investi financièrement pour fabriquer leurs livres, mais la coopérative était là pour les soutenir et assurer là où une petite maison d’édition classique ne pouvait qu’échouer.
Alors certes, l’auteur doit s’impliquer financièrement mais en contrepartie, outre que la mise de départ est remboursée très rapidement (environ à partir de cent exemplaires vendus), le suivi des auteurs, lui ne faiblit pas. Krakoen a toujours voulu privilégier une qualité professionnelle pour tout ce que l’association propose. Aujourd’hui, Krakoen travaille avec un distributeur, Calibre. Les libraires n’ont donc plus aucune hésitation à commander des livres. Krakoen a travaillé en réseau avec les acteurs du monde du livre, d’une présence au départ modeste sur les salons du genre, la coopérative en son propre nom, ou des auteurs qui en sont membres sont maintenant présents sur tous les principaux festivals et manifestations, au salon du livre à Paris, au salon du polar de Montigny-lès-Cormeilles, à Sang d’encre à Vienne, festival des littératures noires et sociales à Besançon, pour ne citer que ceux-là, mais il y en de nombreux autres. Le site est toujours à jour, les livres sont aujourd’hui chroniqués sur les sites spécialisés en littératures noires, certains auteurs viennent même de voir leurs noms inscrit dans le Dictionnaire des littératures policières ou la revue Crimes de l’année de la Bilipo.

Le succès est là. La coopérative, pour continuer d’assurer ce qu’elle a toujours fait, à savoir maintenir un suivi de ses auteurs et la qualité de leur production et de leur diffusion, se voit obliger de refuser de nouveaux auteurs.

Bien entendu, il y a des limites à tout, la structure même de la coopérative ne permettrait pas de gérer de gros succès. Pour des raisons de stockages et pour éviter qu’un nombre trop important de livres soient imprimés sans que leur diffusion soit assurée, les tirages restent limités, les réimpressions se font en fonction de la demande, ce qui, rien n’est parfait, augmente les coûts par exemplaire. Mais le système fait ses preuves, et l’auteur restant propriétaire des droits de ses ouvrages, aucun droit de suite n’est évidemment imposé, et Krakoen peut maintenant également se prévaloir d’avoir été un tremplin, tremplin qu’attendait certain dont je fais partie, pour se faire connaître et peut-être poursuivre son aventure littéraire dans des maisons d’éditions qui ont plus de moyens.

Ma propre expérience avec Krakoen a été si riche que je n’ai pas à me forcer pour trouver des arguments pour la défendre, et si la chance continue de me sourire, je sais que j’aurais toujours des textes, ceux-là même qui n’ont pas leur place chez les « grands » car trop atypiques, pour poursuivre l’aventure à ses côtés. Je sais cette petite coopérative, petite en taille mais riche en expériences, me réserve d’autres belles surprises !

 
krakoen.com




* Calmar au sang" et "les vielles décences" Max Obione, ed Krakoen.

** auteur de "Mektoub", aux éditions Pavic et Le sceau de l’ombre aux éditions Krakoen. « Mektoub » a été par la suite réédité en partenariat avec le quotidien local de Côte-d’Or : Le Bien Public.

Dernière mise à jour : ( 18-01-2010 )
 
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