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09-10-2008

Legami di morte - Angelo Marenzana

 

Dario Flaccovio Editore, pagg. 138, € 13.00

 
traduit de l'italien par Kentaro Okuba

Un nouveau jaune en équilibre entre présent et passé, le dernier roman d’Angelo Marenzana, publié par Dario Flaccovio Editore, qui consacre l’auteur parmi les noms émergents de l’écriture du genre.

L’histoire se dénoue dans le Nord de l’Italie, en plein régime fasciste (nous sommes en mai 1936), et photographie une réalité de province comme celle de la trés piémontaise cité d’Alessandria grâce au style créatif de l’auteur habile à reconstruire fidèlement les lieux et les personnes, et grâce aussi à sa mémoire familiale et aux informations transmises oralement qu’il puise à pleines mains, au point de faire devenir le lecteur une partie de l’histoire, comparse silencieux, qui peut observer le développement de l’intrigue aux côtés du protagoniste.

ImageAugusto Bendicò est le héros de “Liens de mort”, un commissaire qui n’éprouve plus de plaisir et de stimulation dans son travail, profondément touché par la mort de son épouse Betti, emportée par une maladie infectieuse, aujourd’hui considérée comme banale, mais qui laissait à l’époque peu d’issues. Bendicò doit faire les comptes avec la découverte dans le hall d’un palais du centre ville du cadavre de Dora Laniero, une jeune femme chanteuse lyrique admirée, et surtout d’une foi fasciste éprouvée. Accident, comme le voudraient les autorités, ou homicide, comme le suspectent le médecin légiste et lui ? Sans doute relié à celui d’une autre femme, et à une série d’événements qui concernent le crach financier d’une banque de crédit, et des dessous de table qui intéressent un entrepreneur local, pour plusieurs commandes ministérielles d’uniformes pour l’armée.

Mais les jours du régime sont à leur apogée, le Duce est prêt, après la victoire en Ethiopie, à proclamer l’Empire, et il n’est pas possible de penser qu’un peuple fort de sa civilisation puisse cacher entre les plis de sa société des assassins et des subversifs. Donc le régime ne tolère rien, et il voudrait que tout soit enterré.

Bendicò commence à enquêter, et avec l’aide de son épouse Betti, voix de sa conscience plutôt que presence ultraterrestre, il s’engage, comme un personnage issu d’un roman de Sciascia dans les méandres d’un mystère qui semble ne jamais pouvoir se dévoiler. En fait, comme le romancier de Racalmuto raconte souvent (si l’on pense aux romans comme Le jour de la Chouette, A Chacun son Dû et Le Contexte) comment le pouvoir politique s’imbrique dans la société sicilienne avec la mafia, de même Marenzana utilise le Régime comme décor pour son histoire, sans jamais tomber toutefois dans la rhétorique facile qui apparaît souvent quand on parle du Ventennio [les vingt ans de fascisme italien]. Dans le roman de l’auteur alessandrin, Bendicò affronte lentement l’enquête, avec la faiblesse typique de celui qui s’est trouvé seul tout à coup, plutôt qu’avec la force, expression caractéristique du fascisme. Quand il tombe sur une seconde mort, toujours d’une jeune femme, avec le fort soupçon qu’il puisse s’agir d’un autre cas d’homicide, avec la certitude presque fondée qu’il puisse y avoir un lien entre les deux morts, avec l’assurance que par cette enquête les grands de la finance locale peuvent être brisés, il semble que le cercle réussisse à se refermer et que la vérité remonte à la surface. C’est ici le moment où Bendicò, au lieu de recevoir des encouragements, subit de fortes pressions de la part des représentants du pouvoir, soit qu’ils veuillent l’archivage du dossier soit qu’ils désirent s’approprier l’enquête pour pouvoir mieux contrôler les potentats de la puissance alessandrine. A la fin tout s’éclaire, sans scandales particulièrs ni éclatants effets de théâtre mais avec la simplicité qui, si elle est bien rendue comme dans ce roman, est au fond la caractéristique qui surprend toujours le plus.

Du juste équilibre entre souvenirs personnels et analyse historique affûtée, “Liens de mort” sort bien structuré, et réussit à vaincre le lecteur sans avoir pourtant les caractéristiques du roman historique, et utilisant moins cette écriture noir à laquelle Angelo Marenzana nous a habitués dans ses précédents romans (en particulier Destination Avallon) et que nous avons appris à aimer. Mais il reste le détail fondamental de chacun de ses héros, leur tourment intérieur qui harcèle leur esprit pour le pousser sur la juste route.  

En somme un roman jamais banal, qui ne perd pas son rythme, et réussit à raconter une époque sans gaspiller de paroles inutiles, en décrivant les personnages avec un élégant raffinement à travers l’atmosphère d’une ville de province, Alessandria, qui, par sa situation dans la Bassa brumeuse, semble l’endroit parfait pour une belle hisoire noir italienne.

Et l’on parle déjà d’un retour de Bendicò dans un nouveau roman.

 


Fonctionnaire de l’Agence des Douanes et journaliste pigiste, en qualité d’écrivain il a commencé son activité au milieu des années quatre-vingt-dix en publiant jusqu’à aujourd’hui un nombre imprécis de récits sur Il Giallo Monadori, et en outre dans des revues du genre imprimées ou en ligne, des anthologies, parmi lesquelles, les  plus récentes Omissis (Einaudi 2007), La legge dei figli (La loi des fils, Meridiano zero 2007).

Après avoir publié Frontiere (Frontières, Mobydick 1999), Controvento (Contrevent, ExCogita 2002), il s’est consacré au roman de genre historique dont l’ambiance est située au vingtième siècle, en signant  Tre fili di perle (Trois rangs de perles, mobydick 2005), Bel suol d’amore (Beau pays d’amour, Edizioni dell’Orso 2006), e Legami di morte (Liens de mort, Dario Flaccovio editore). Pour les éditions Robin, en 2007, il a préparé l’anthologie Borsalino, un diavolo per cappello (Borsalino, un diable pour chapeau), tandis qu’en 2008 est sorti Destinazione Avallon (Destination Avallon).

Pour plus d’informations et de contacts :

www.angelomarenzana.net

www.myspace.com/legamidimorte

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Barbara Balbiano

In veste di giornalista collabora con varie testate on line (Corriereal, BlogAl, Thrillermagazine) e riviste locali (Movida). Come scrittrice ha pubblicato racconti su siti di carattere letterario  (Io sono nebbia) e in antologie, tra cui La tierra de los caìdos, ed. Robin, La palla è rotonda, Giulio Perrone Editore. In attesa della pubblicazione del suo primo romanzo.

www.myspace.com/namaste80

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Dernière mise à jour : ( 19-01-2010 )
 
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