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20-03-2009

La collezionista di sogni infranti - La collectionneuse de rêves brisés

di Barbara Baraldi

Perdisa editore - collana Babele Suite

128 pp - 9 euro - Thriller

Traduit par Anaïs Bokobza

Enrichi d’une belle couverture d’Onofrio Catacchio qui résume par un dessin toute l’idée du roman, et publié dans la collection de courts romans dirigée par Luigi Bernadi, ce livre confirme que la lauréate du prix Gran Giallo Città di Cattolica 2007 est définitivement en passe de devenir une narratrice que l’on n’oubliera pas. Je qualifie Barbara Baraldi de narratrice parce que l’inspiration de son travail est de raconter des histoires. Des fables noires, mais aussi des rêves inquiétants qui contiennent les bigarrures d’une passion, d’expériences vécues et élaborées mélangées à d’autres suggestions issues de la fantaisie, de l’imaginaire. Barbara est une observatrice attentive de la réalité humaine et fantastique qui l’entoure. Elle élabore des émotions, les siennes ou celles qu’elle observe chez les autres, et les reproduit en une histoire complexe où les mécanismes du thriller italien des années 1970 ne sont pas utilisés de façon surfaite mais avec habileté, parce que l’auteur les aime.
ImageDeux jeunes filles nouent sur Internet une relation d’amitié vaguement ambiguë, parce que telle est la nature de la toile. La double facette, les identités inventées, les côtés obscurs qui émergent progressivement sont comme les préliminaires d’un rapport érotique. Tout ceci titille, intrigue, voire blesse, mais conduit inévitablement à la décision de se rencontrer en vrai. Ainsi commence un voyage initiatique dans une plaine qui rappelle sans trop insister les grands films de genre, mais qui contient aussi mille petites références aux passions de Barbara : la photographie, le symbolisme oriental, la musique, le cinéma. Le mécanisme du voyage est un classique mais il se mélange ici à un double, avec ces séquences sans ponctuation qui renvoient au rapport syncopé des chat mais avec des changements de rythme, des pauses plus introspectives, un contrôle des émotions et un langage qui révèlent que le métier est bel et bien rentré. Et ce qui pourrait sembler au premier abord un parcours initiatique, une expérience intérieure, se transforme peu à peu en une expérience inquiétante, un chemin par étapes dans un monde magique qui cache un cœur noir et dangereux. Des peurs de l’enfance reviennent à la mémoire du lecteur, comme si Barbara nous connaissait depuis toujours et savait nos incertitudes les plus secrètes, prête à les intégrer dans un montage serré, comme dans un film. Et là on est déjà pris à la gorge, entraînés par un mécanisme proche des pirouettes hypnotiques d’une danseuse sur une boite à musique qu’on ne peut pas cesser de regarder. L’histoire se poursuit par des rencontres, de faux indices, une tension croissante où tout est double et terrifiant. Jamais gratuit. Un thriller italien court mais grand, bien de chez nous, sans les habituels clichés télévisuels odieux, mais que l’on aimerait voir en images. Une interprétation du noir italien original, avec des échos classiques, mais animée d’une force vitale. Nous attendons Barbara, anxieux de lire son livre suivant : La casa di Amelia (La maison d’Amelia) (PeridisaProp 2009), un roman séduisant sur la mémoire qui déforme les souvenirs à travers le filtre de la peur, de l’angoisse, de la culpabilité. Dans lequel elle prouve encore une fois sa capacité à tisser une trame complexe et inquiétante.


Barbara Baraldi  raconte dans ses textes ses inquiétudes et le côté obscur de la vie quotidienne. Elle a commencé par un roman érotique, La ragazza dalle ali di serpente (La fille aux ailes de serpent) (Zoe 2007), publié sous le pseudonyme de Luna Lanzoni, qui a eu un grand succès dans les milieux alternatifs. En 2006 et 2007, elle a gagné plusieurs prix littéraire, dont le prestigieux GranGiallo Città di Cattolica. La bambola di cristallo (La poupée de cristal) (Mondadori 2008) l’a consacrée comme révélation du thriller gothique italien. PerPerdisaPop, une collection dirigée par Luigi Bernardi, a sorti en 2007 La collezionista di sogni infranti, qui sera suivi par la nouvelle noire La casa di Amelia. Barbara a travaillé comme mannequin dans les milieux alternatifs et collectionne les poupées gothiques.

 

Dernire mise jour : ( 19-01-2010 )
 
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